Les défis de la Gouvernance et de l’amélioration de l’environnement des affaires

L’amélioration de la gouvernance de ses institutions et la mise en place d’un environnement des affaires harmonisé et plus attractif constituent un des défis majeurs de la CEMAC. Sans un tel environnement, aucune émergence durable de la zone n’est envisageable. Ce défi sera pris en charge à travers rois objectifs stratégiques et dix programmes.  La CEMAC a résolument engagé ce chantier en initiant dès 2006 le Programmes des Réformes Institutionnelles de la CEMAC. Sa bonne mise en œuvre s’appuiera sur trois programmes. La mise en œuvre des réformes institutionnelles et le renforcement des capacités des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté se traduira par un saut qualitatif majeur dans la gouvernance des institutions communautaires. Cela passera  d’abord par la sécurisation de leur financement, les dysfonctionnements constatés jusque là dans la collecte et le reversement à la Commission de la CEMAC de la Taxe  Communautaire d’Intégration (TCI) rendant très difficile leur fonctionnement. En parallèle, Il s’avère indispensable de rationaliser le coût pour la Communauté de ses institutions spécialisées, leur mode de prise en charge actuelle n’étant pas pérenne. Par ailleurs, les capacités de la Commission de la CEMAC doivent être renforcées. En effet, la Commission de la CEMAC a hérité de l’ancien Secrétariat Exécutif d’une organisation peu performante, nécessitant une transformation à de multiples niveaux (les systèmes de gestion, les ressources humaines, la culture d’entreprise). Les managements successifs   de la Commission et leurs  équipes ont à chaque fois engagé cette transformation interne, qui se poursuivent encore  pour aboutir  à une Commission véritablement capable de jouer son rôle de locomotive de la CEMAC, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre du PER. Enfin, une amélioration significative de la gouvernance est requise dans tous les autres organes et institutions communautaires (BEAC, BDEAC, COBAC, Cour de Justice, Parlement). Dans tous ces organismes, la représentation plus équilibrée des Etats membres dans les instances de gouvernance doit se traduire en parallèle par une importance accrue accordée au sein de ces organisations à la compétence et à la performance, pour le bien non pas d’un Etat membre, mais de la Communauté dans son ensemble. 

L’intégration économique des Etats membres de la CEMAC est bien entamée mais doit être approfondie pour aboutir à un véritable marché commun.  Le renforcement du système statistique régional constitue dans ce cadre une priorité. Les Etats ainsi que les institutions communautaires ne disposent pas encore de statistiques harmonisées, fiables et cohérentes. Les données statistiques disponibles restent généralement concentrées sur les indicateurs macroéconomiques et conjoncturels et sur les statistiques du commerce extérieur. La mise en place d’un système statistique régional s’avère indispensable pour consolider le travail entamé au niveau de la surveillance multilatérale et appuyer de façon pertinente le développement des politiques sectorielles. Une étude globale de renforcement de ce système est aujourd’hui un défi, réalisée avec comme objectifs de recenser les besoins statistiques des départements de la Commission et des Etats membres, d’étudier le degré d’harmonisation des statistiques sectorielles des Etats membres, d’analyser le système statistique régional, puis d’élaborer un programme régional à mettre en œuvre.

 Une  bataille  difficile pour la mise en place des fondements de l’émergence de la CEMAC se joue sans doute au niveau de son environnement des affaires, aujourd’hui encore en quête d’attrait. Quatre programmes sont prévus pour le mettre à niveau. La réforme et l’harmonisation des cadres institutionnel et réglementaire des services financiers et des secteurs publics marchands d’une part, et la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire régional pour l'investissement et le partenariat public privé (PPP) d’autre part doivent permettre à la CEMAC de rattraper le retard pris dans les infrastructures stratégiques (électricité, transports, télécommunications, distribution d’eau, immobilier…) par le lancement de grands projets d’infrastructures financés par des partenariats publics privés. Le secteur public seul ne peut plus prendre en charge ces investissements. D’importantes ressources privées sont par contre disponibles au niveau mondial pour ce type de projets mais requièrent un  cadre institutionnel, juridique et réglementaire approprié à ces montages relativement complexes ((BOT Build Operate Transfer, BOO Build Operate Own, BRT Build Rent Transfert …). Quelques rares Etats membres ont avancé dans  leurs réformes institutionnelles (à l’instar du Cameroun pour le secteur de l’électricité) mais un long chemin reste à faire, pour bâtir dans chaque Etat membre un cadre adéquat et disposer des ressources humaines spécialisées capables de négocier et superviser la mise en œuvre de ces projets.

Commission de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale
Immeuble CEMAC, Avenue des martyrs - BP 969 - Bangui - République Centrafricaine
Tél : (+236) 21 61 47 81 - fax : (+236) 70 14 15 66