Intégration physique et aménagement du territoire

 Dans son troisième axe, le  PER vise à engager le rattrapage accéléré dont la CEMAC a besoin en matière d’infrastructures physiques. Il est aujourd’hui admis que les infrastructures et services de soutien dotent un pays ou une région des facteurs avancés qui permettent de développer des avantages distinctifs par rapport à la concurrence dans un secteur donné. L’axe « Renforcement des infrastructures et services de  soutien » du PER comprend quatre (4) composantes:

 1)      L’élaboration des stratégies de développement des piliers de croissance et la concertation public-privé.

 Le programme préconise que des programmes sectorielles régionales (pour chaque pilier de croissance) soient conçues, puis fusionnées dans une stratégie intégrée globale présentant de façon cohérente l’ensemble des programmes et projets.  Ce programme devra faire l’objet d’une large concertation entre tous les acteurs et prendre en charge la  promotion et la communication du PER, notamment la promotion de valeurs favorables à l’émergence, telles que le sens de l’effort, l’esprit d’entreprise ou l’éthique.

       2)      Le renforcement des infrastructures et services de soutien à la compétitivité des piliers de croissance

Il est question du  développement de pôles de compétitivité sur l’ensemble de l’espace CEMAC nécessite, en plus d’une infrastructure logistique adéquate, la mise en place  d’infrastructures et de services de soutien adaptés. Ainsi, la valorisation du vaste potentiel agro-industriel de la CEMAC passe par l’identification de zones dédiées à l’agro-industrie et aménagées en conséquence, avec l’électricité, des centres de stockage, de traitement et de conditionnement, des pistes de production, des infrastructures portuaires aménagées pour l’exportation avec gares de fret et hangars de stockage, des services d’agrofourniture performants, qu’il s’agisse de semences et plants sélectionnés, d’engrais et de produits de traitement et enfin des services de formation et d’encadrement des agriculteurs. Le développement de l’élevage régional nécessitera l’aménagement de parcours du bétail dans les zones sahéliennes de la CEMAC, avec des infrastructures d’abreuvement, des stations d’embouche du bétail, des marchés spécialisés, un ou plusieurs abattoirs à vocation régionale, des programmes d’insémination artificielle pour multiplier la production de lait (passer à 10 à 15 litres de lait par jour  au lieu de 1 à 3 litres aujourd’hui) et une couverture régionale de  vaccination  et de prophylaxie   contre les grandes épizooties et les maladies vectorielles. Le développement de notre vaste potentiel dans la pêche passe par la mise en place de véritables  ports de pêches, avec des hangars de stockage sous froid, des zones  aménagées pour le traitement des produits de pêche et disposant d’infrastructures de production de fluides énergétiques  comme l’eau chaude et froide, la glace, la vapeur d’eau  et l’air comprimé, ainsi que de places de marché des produits de pêche.

Le décollage véritable de l’aquaculture régionale nécessite un technopôle dédié, avec un dispositif de recherche et d’adaptation de nos espèces performantes dans les environnements d’élevage aquacole (comme le tilapia, le claria, le silure noire, la dorade ou encore la carpe grise des eaux lagunaires), des élevages de reproducteurs  de ces espèces, une écloserie régionale de grande dimension pour approvisionner en alevins les élevages dans chaque pays et un laboratoire régional de santé, de contrôle  et de nutrition  aquacole. L’identification précise de l’ensemble de ces infrastructures et services de soutien passe par l’élaboration de la stratégie détaillée de chaque pilier de croissance et d’une stratégie régionale intégrée.

      3)       L’élaboration des politiques sectorielles communes pour le développement des facteurs de base

Le PER s’appuie aujourd’hui sur une feuille de route précise  des politiques communes dans les domaines de l’électricité, des télécommunications et des transports. Dans ces domaines, beaucoup de politiques ont été élaborées et peu mises en œuvre. Il s’agira, au regard des besoins des piliers de croissance, de mieux prioriser ces programmes et de clarifier leur agenda de mise en œuvre.

      4)     Le renforcement des capacités institutionnelles des institutions communautaires

La mise en œuvre effective du PER suppose enfin la poursuite de la réforme de la CEMAC et le renforcement des institutions communautaires.  Appelée à jouer un nouveau rôle pour accélérer la croissance de la zone à travers le PER, dans le strict respect de la subsidiarité, la Commission de la CEMAC devra renforcer de façon significative ses capacités et moderniser ses systèmes de gestion. Les autres institutions devront également poursuivre leur processus de réforme et de renforcement des capacités afin de jouer pleinement leur rôle, chacun dans son domaine de compétence. De même, le dispositif des institutions spécialisées devra être entièrement rationalisé et les centres d’excellence compétitifs voir le jour dans les piliers de croissance. Le PER ne peut non plus se mettre en place sans un financement adéquat, à commencer par la disponibilité intégrale de la TCI et la mise en place effective du FODEC.

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