Projet de Budget de la Communauté pour l’exercice 2017

Conformément aux procédures mise en place par Monsieur Pierre Moussa depuis son arrivée à la tête de la Commission de la CEMAC, un travail d’analyse et de prospection est mené chaque année avec les responsables des structures communautaires au travers des conférences budgétaires organisées avant les sessions budgétaires. Les échanges au cours de ces conférences permettent d’évaluer les coûts des besoins et d’arrêter, les enveloppes budgétaires à allouer pour la réalisation des activités prévues par les différentes institutions de la Communauté.

Cette année, en début du mois de septembre, ces consultations ont permis d’établir le projet de budget général de la communauté proposé pour l’ensemble des institutions, organes, institutions spécialisées et agences d’exécution ; exception faite de ceux qui disposent de budgets spécifiques.  Il est sous contrainte de ressources prévues et demeure conforme aux politiques communes et sectorielles.

Les prévisions budgétaires pour l’exercice 2017 sont équilibrées en recettes et en dépenses à la somme de FCFA 114 964 585 391 contre FCFA 73 654 514 869 en 2016.  Elles enregistrent une augmentation de CFA 41 310 070 522, en valeur absolue, soit 56,09% en valeur relative.

Au demeurant, il faut relever que ce budget pour l’exercice 2017 a été préparé dans un environnement macroéconomique peu favorable. Depuis plusieurs années, l’activité économique mondiale a été moins dynamique. Dans les pays émergents et en développement, qui compte pour plus de 70% de la croissance mondiale, la croissance a ralentie pour la cinquième année consécutive, tandis qu’une reprise modeste s’est poursuivie dans les pays avancés.  L’inflation globale a fléchi dans les pays avancés, principalement du fait de la baisse des prix du pétrole et d’autres produits de base, et dans les pays émergents, du fait du recul des prix des produits de base.

En 2016, la croissance mondiale devrait stagner à 3’1% en raison d’un léger recul de la croissance dans les pays avancés (1,8% en 2016 contre 1,9% en 2015). Quant à l’inflation, elle serait maitrisée, avec un taux de 0,7% en 2016 contre 0,3% en 2015 dans les pays avancés.  Dans les pays émergents et en développement, elle devrait revenir de 4,7% à 4,6%.

Dans ce contexte d’évolution de l’économie mondiale, la situation macroéconomique des Etats membres de la CEMAC a été marquée en 2015 par un ralentissement de la croissance économique, une détérioration des comptes de finances publiques et des comptes extérieurs, une situation monétaires moins confortable, et une baisse des tensions inflationnistes.

En effet, la contreperformance du secteur pétrolier a eu des effets dépressifs sur la demande intérieure et le secteur non pétrolier, conduisant à un taux de croissance du PIB estimé à 2,5% en 2015 contre 4,9% une année plus tôt.  Au niveau des comptes publics, le déficit budgétaire, base engagements, hors dons, s’est creusé, représentant 4,4% du PIB en 2015 contre 3% du PIB en 2014. 

Du coté des échanges avec l’extérieur, le déficit du solde extérieur courant, hors dons officiels, s’est fortement détérioré à 13% du PIB en 2015 contre 5,3% du PIB un an auparavant.  Quant au taux de couverture extérieur de la monnaie,  il a reculé à 77,1% contre 89,8% en 2014. Le taux d’inflation annuel moyen de la communauté s’est fixé à 2,5% en 2015 contre 3,2% en 2014.

En zone CEMAC, le taux de croissance réel est projeté à 1,8% en 2016, mais repartirait légèrement en hausse en 2017. En raison de la vigueur de la consommation, notamment sa composante privée, et des investissements dans le cadre du développement des projets miniers et agricoles.  Par ailleurs, le taux d’inflation serait contenu en-dessous de la norme communautaire, avec une augmentation anticipée des prix à la consommation en moyenne annuelle de 2,3% en 2017, contre 3,0% en 2016. La résorption progressive du déficit énergétique dans la plus part des pays et le relèvement de la production agricole et vivrière participeraient à l’atténuation des pressions inflationnistes.

L’année 2017 serait caractérisée par un léger redressement du déficit budgétaire global, en raison d’une réduction régulière des dépenses budgétaires, qui procéderait de l’ajustement budgétaires engagé par les pays, suite à la diminution des prix du baril depuis l’année 2014.  Une légère amélioration du déficit extérieur courant en rapport essentiellement avec la baisse des importations de biens et de services et de la stabilisation des exportations ; une amélioration de la masse monétaire sur fond d’un repli du taux de couverture extérieure de la monnaie et d’une forte augmentation des créances nettes sur l’Etat.

Dans ce contexte de perspectives macroéconomiques moroses, les importations des biens enregistreraient en 2017, une baisse de 15,3% pour se situer à environ 10 658 milliards de FCFA contre 12 607,6 milliards de FCFA. Il est a noté que ce budget est par ailleurs élaboré dans un contexte sociopolitique marqué par la menace de la paix et de la sécurité dans la sous région, notamment au Cameroun, au Tchad et en Centrafrique avec des répercutions sur le plan économique et financier.

Sur le plan politique, l’année 2016 a été marquée par l’organisation des élections dans cinq Etats membres (Centrafrique, Congo, Gabon et le Tchad), qui ont permis la réélection des Chefs d’Etat dans les pays concernés et la mise en place de nouveaux gouvernements.

Pour donner plus de poids politique et de chance de réussite dans sa mise en œuvre les membres présents du conseil ont estimé qu’une présence plus importante des Ministres des en charge des budgets dans les Etats serait nécessaire. A cet effet, ils ont jugé opportun de reporter le conseil devant adopter le budget de la Communauté à une date ultérieur avant la fin de l’année.

 

Commission de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale
Immeuble CEMAC, Avenue des martyrs - BP 969 - Bangui - République Centrafricaine
Tél : (+236) 21 61 47 81 - fax : (+236) 70 14 15 66